Alexandre Lazarew sur Patrick Baillet

  • Q: Comment avez-vous rencontré l'artiste?
  • AL: J'avais envie d'exposer de la photographie depuis quelque temps, mais je ne trouvais pas d'artiste qui corresponde à l'esprit de la rue, auquel je tiens pour ma galerie, tout en proposant un travail inattendu. Jusqu'à ce qu'on me montre le site de Patrick Baillet... deux jours après, il venait à la galerie nous présenter son travail!
  • Q: Quelles ont été vos premières impressions sur son travail?
  • AL: Les photographies de Patrick se lisent en deux temps. On est d'abord pris par la puissance esthétique de son travail. Puis on est intrigué par ces lieux dont on se demande s'ils existent vraiment, aux perspectives très poussées, dans lesquelles on découvre tout-à-coup des chefs d'œuvres classiques superbement intégrés.
  • Q: Pourquoi avez-vous décidé de l'exposer?
  • AL: Je savais qu'en l'exposant je prenais le risque d'entendre certaines critiques sur l'intégration numérique des fragments de toiles classiques. Mais l'outil numérique étant aujourd'hui incontournable, il est tout à fait logique que certains artistes s'en emparent. Je trouve que l'utilisation qui en est faite par Patrick Baillet est, au delà de la réalisation technique impeccable, très intelligente. Confronter l'expression brute des taggs et graffitis au classicisme délicat des toiles de maître, dans ces endroits éphémères (la plupart a été détruite depuis les prises de vues), c'est fort et plein de sens.
  • Q: Comment avez-vous choisi de l'exposer?
  • AL: On a sélectionné ensemble 18 photos pour l'exposition. Pour 8 d'entre elles, on a fait des grands tirages sous diasec, dans une caisse américaine: le diasec (le fait de placer la photo entre une plaque de plexiglass et un support rigide) permet d'accentuer les contrastes et la profondeur des photos. On a ensuite fait un vrai travail d'éclairage sur chaque photo, mettant l'accent sur un plafond, un parquet, pour accompagner au mieux la lumière naturelle des photos.

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